Tendinite du tendon d'Achille : 7 solutions ostéo pour soulager (Guide 2026)
Mia Stiel
Ostéopathe D.O. · Lyon 3
12 mai 2026
·Revu 12 mai 2026

Article rédigé par Mia Stiel, ostéopathe D.O. diplômée d'État, exerçant à Lyon 3 (57 rue de la Part-Dieu). Mis à jour en mai 2026.
Vous êtes parti courir au Parc de la Tête d'Or, tout allait bien jusqu'à ce que la douleur s'installe juste au-dessus du talon. Le lendemain matin, vos premiers pas vous arrachent une grimace. Vous testez en montant sur la pointe du pied : ça tire. Vous reconnaissez ces signes, peut-être pour la deuxième ou troisième fois cette année, et vous vous demandez si vous allez encore devoir lever le pied pendant six semaines.
La tendinite du tendon d'Achille n'est pas une fatalité. Elle touche 5 à 9 % des coureurs chaque année et autant d'amateurs qui ont simplement augmenté leur volume trop vite. Ce guide vous donne la marche à suivre : reconnaître ce qui est bénin, ce qui doit consulter, comment l'ostéopathie agit réellement, pourquoi les exercices excentriques sont incontournables, et les deux pièges à éviter à tout prix — l'infiltration de corticoïdes mal posée et certains antibiotiques.
L'essentiel à retenir
La tendinite du tendon d'Achille est en réalité une tendinopathie : une dégénérescence du collagène sans véritable inflammation. Elle se reconnaît à une douleur au démarrage matinal, qui s'estompe avec quelques minutes de marche, et qui revient à l'effort. Les exercices excentriques de Stanish ou Alfredson permettent une guérison complète dans 80 à 90 % des cas en 3 à 6 mois, selon la kinésithérapie. L'ostéopathie agit en libérant les dysfonctions associées du bassin, de la cheville et du pied, en parallèle du protocole de renforcement. Les infiltrations de corticoïdes sont à proscrire en intra-tendineux à cause du risque de rupture, et les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones multiplient par 3 le risque de tendinite, surtout après 60 ans.

Pourquoi mon tendon d'Achille me fait mal ?
Le tendon d'Achille est le plus gros et le plus puissant tendon du corps humain. Il mesure environ 15 centimètres, relie les muscles du mollet (le triceps sural, formé du gastrocnémien et du soléaire) au calcanéum, l'os du talon. À chaque pas, il encaisse jusqu'à 3,5 fois le poids du corps en marche, et jusqu'à 12 fois en course rapide. C'est une structure incroyablement résistante, mais sensible à la surcharge répétée.
Le terme "tendinite" est aujourd'hui souvent remplacé par "tendinopathie" parce que les études en imagerie ont montré que l'inflammation classique n'est pas toujours présente. Ce qu'on observe le plus souvent, c'est une dégénérescence du collagène, des microdéchirures cumulatives et une désorganisation des fibres tendineuses. Le tendon s'épaissit, perd de son élasticité, et devient douloureux à la mise en charge.

On distingue deux grandes formes que tout praticien sport repère immédiatement :
- La tendinopathie de la portion moyenne (midportion), située 2 à 6 centimètres au-dessus de l'insertion sur le talon. Elle représente 55 à 60 % des cas. C'est la forme typique du coureur de fond, du trailer ou du joueur de tennis qui a augmenté son volume trop vite.
- La tendinopathie d'insertion, située pile sur le calcanéum. Elle représente 20 à 25 % des cas. Elle touche plus souvent les sportifs qui pratiquent en relances sèches (sprint, foot, basket) et peut s'associer à une maladie de Haglund quand la partie postérieure du calcanéum est saillante.
Quels sont les symptômes d'une tendinite d'Achille ?
La présentation est tellement typique qu'on peut souvent l'identifier dès la première phrase du patient. La douleur s'installe progressivement, sur quelques jours à quelques semaines, jamais brutalement. Si vous décrivez un "claquement" suivi d'une impossibilité de monter sur la pointe, ce n'est plus une tendinite : c'est une rupture, et vous devez consulter en urgence.
Voici les signes classiques :
- Une douleur matinale dès les premiers pas après le lever, qui s'estompe en quelques minutes de marche. C'est le signe le plus caractéristique.
- Une raideur du tendon à froid, qui se réveille aussi quand vous restez assis longtemps puis vous levez.
- Une douleur localisée à 2-6 cm au-dessus du talon (midportion) ou pile sur le talon (insertion).
- Un épaississement palpable du tendon, parfois sensible au pincement.
- Une douleur qui revient à l'effort, surtout en montée ou sur terrain souple.
🏃 Cas pratique au cabinet de Mia
Patiente de 38 ans, cadre à la Part-Dieu, prépare son premier semi-marathon Run In Lyon. Plainte : douleur au tendon d'Achille gauche apparue 4 semaines avant la course, après un passage de 30 à 50 km hebdomadaires. Au bilan ostéopathique : restriction de mobilité de la cheville droite (compensation depuis une vieille entorse), bassin en torsion antérieure droite, mollet hypertonique des deux côtés. Prise en charge : 2 séances d'ostéopathie à 3 semaines d'intervalle (cheville, bassin, fascias du mollet) + relais kiné pour le protocole excentrique de Stanish + adaptation du plan d'entraînement avec son coach. Résultat : reprise de la course progressive à 4 semaines, semi-marathon couru sans douleur 8 semaines après la première séance.
Tendinite ou tendinose : c'est quoi la différence ?
La distinction n'est pas qu'académique : elle change la stratégie de prise en charge. Voici un tableau de tri rapide.
| Forme | Durée | Imagerie | Stratégie principale |
|---|---|---|---|
| Tendinite aiguë (péritendinite) | < 6 semaines | Inflammation périphérique | Repos relatif, glace, exercices doux, ostéo |
| Tendinopathie subaiguë | 6 sem - 3 mois | Œdème du tendon, épaississement | Exercices excentriques, ostéo, kiné |
| Tendinose chronique | > 3 mois | Dégénérescence du collagène, néo-vascularisation | Excentrique HSR, ondes de choc, parfois PRP |
| Rupture | Brutal | Solution de continuité à l'écho | Avis chirurgical urgent |
Cette distinction explique pourquoi un patient qui traîne sa tendinite depuis six mois ne réagira pas au même protocole qu'un coureur qui consulte à trois semaines. La cicatrisation tendineuse est lente. Selon une revue parue dans la revue Kinésithérapie la Revue (2024), il faut compter 3 à 6 mois en moyenne pour une récupération complète, parfois plus selon l'ancienneté.

Quelles sont les vraies causes d'une tendinite d'Achille ?
Une tendinite n'arrive jamais "comme ça". Elle est presque toujours le résultat d'un déséquilibre entre la charge appliquée au tendon et sa capacité à la supporter. Au cabinet, je retrouve presque toujours une combinaison de plusieurs facteurs.
Causes mécaniques (les plus fréquentes) :
- Augmentation trop rapide du volume d'entraînement (règle des 10 % par semaine non respectée).
- Changement de terrain (passage de la piste à la route, ou inversement).
- Chaussures usées, mal adaptées ou drop trop bas brutalement.
- Manque de souplesse des mollets et des chaînes postérieures.
- Surpoids ou prise de poids récente.
- Déséquilibre du bassin, restriction de la cheville opposée (compensation après entorse).
Causes générales souvent oubliées :
- Déshydratation chronique pendant les entraînements.
- Alimentation acidifiante (sucres rapides, excès de protéines animales).
- Foyer infectieux dentaire (caries non traitées, foyers chroniques).
- Médicaments à risque, en particulier les fluoroquinolones.
Selon une grande étude épidémiologique relayée par APMnews (2023), les fluoroquinolones (ciprofloxacine, lévofloxacine, moxifloxacine, ofloxacine) multiplient par 3,2 le risque de tendinite et par 7,1 le risque de rupture du tendon d'Achille chez les plus de 60 ans, avec un délai moyen d'apparition de dix jours après la première prise. Si vous démarrez un antibiotique de cette classe et que vous êtes sportif, demandez systématiquement à votre médecin si une alternative existe.
Comment soigner une tendinite du tendon d'Achille ?
Le traitement repose sur trois piliers que tous les médecins du sport recommandent aujourd'hui : la réduction de la charge, le renforcement excentrique progressif, et la correction des facteurs favorisants (terrain, chaussures, technique, médicaments).
Le pilier scientifiquement le mieux documenté est le protocole de renforcement excentrique, popularisé par Stanish puis Alfredson. Une revue dans le British Journal of Sports Medicine (2024) confirme un taux de guérison de 80 à 90 % à 12 semaines lorsqu'il est correctement suivi.

Le protocole de Stanish, étape par étape
Le protocole de Stanish est devenu une référence parce qu'il combine étirement, renforcement excentrique et chaleur. Il se pratique une à deux fois par jour pendant 6 à 12 semaines.
- Échauffement : 5 à 10 minutes de marche ou vélo doux.
- Étirements statiques : mollet et soléaire, 30 secondes × 3 répétitions par côté.
- Renforcement excentrique : sur une marche, vous montez sur la pointe des deux pieds, vous reportez le poids sur le pied douloureux, puis vous descendez lentement (3 à 5 secondes) le talon en dessous de la marche. Vous remontez avec l'aide du pied sain. 3 séries de 15 répétitions.
- Étirements à nouveau.
- Glaçage sur le tendon : 10 à 15 minutes après la séance.
Si la douleur ne dépasse pas 3 sur 10 pendant l'exercice et ne s'aggrave pas le lendemain, vous êtes dans la fenêtre thérapeutique correcte. Vous progressez en ajoutant du poids (sac à dos lesté) toutes les deux semaines.

Pour visualiser le mouvement
Avant de vous lancer, voici une démonstration visuelle qui aide souvent mes patients à bien placer le pied et la cadence du mouvement.
Comme l'explique cette vidéo de vulgarisation kiné, la régularité quotidienne du protocole compte plus que l'intensité de chaque séance. Pour un bilan personnalisé à Lyon 3 et une coordination avec votre kiné, prenez rendez-vous avec moi sur Doctolib — la consultation dure 45 minutes et coûte 70 €.
Que peut faire un ostéopathe sur une tendinite d'Achille ?
L'ostéopathie ne "soigne" pas la tendinite à elle seule. Elle agit sur ce qui a fait apparaître la tendinite et ce qui empêche la cicatrisation. C'est un travail de terrain qui se combine très bien avec la kinésithérapie.
Au cabinet de la Part-Dieu, ma prise en charge pour ce type de pathologie suit trois axes complémentaires.
1. Libérer la cheville et le pied. Une cheville en restriction force le tendon à travailler en compensation. Je teste systématiquement la mobilité du talus, du calcanéum, du cuboïde, et la position de la voûte plantaire. Une vieille entorse mal récupérée, même de plusieurs années, peut être à l'origine d'une tendinite tardive.
2. Rééquilibrer le bassin et la hanche. Un bassin en torsion crée une asymétrie de charge entre les deux jambes. La jambe surchargée développera la tendinite. Je travaille le sacrum, les iliaques, les lombaires basses et la hanche du côté concerné.
3. Détendre les chaînes myo-fasciales postérieures. Le tendon d'Achille est le terminus d'une chaîne qui part du sacrum, descend par les ischio-jambiers, croise le creux poplité et descend dans le mollet. Une rétraction haute (souvent due à la position assise prolongée des cadres de la Part-Dieu) tire sur le tendon en permanence. Le travail fascial sur cette chaîne, associé au travail crânien et diaphragmatique, donne des résultats nets dès la deuxième séance.

Scénarios de vie réelle
Toutes les tendinites ne se ressemblent pas. Voici trois profils que je vois chaque mois au cabinet.

Le coureur du parc de la Tête d'Or qui prépare un semi-marathon
Volume passé de 25 à 50 km en six semaines, première douleur au tendon droit le matin, raideur qui dure 10 minutes. Plan : 2 séances d'ostéo + protocole Stanish quotidien + retour à 70 % du volume sur 3 semaines + retour progressif sur 4 semaines avant la course. Pour aller plus loin sur le terrain, l'article douleur au genou en course à pied couvre les compensations fréquentes au-dessus du tendon.
Le cadre de la Part-Dieu qui fait du sport le week-end
Position assise 8 h par jour, sport intense le samedi (foot ou trail). Tendinite récurrente d'insertion. Plan : 3 séances d'ostéo à 3 semaines d'intervalle (bassin, hanches, diaphragme), travail postural au bureau, étirements quotidiens du mollet 5 minutes, protocole excentrique 3 fois par semaine, talonnette 8 mm les 4 premières semaines.
La sportive de plus de 50 ans avec antibiotique récent
Reprise du jogging trois semaines après une cure de ciprofloxacine pour une infection urinaire. Apparition d'une douleur du tendon d'Achille en deux jours. Conduite à tenir : arrêt immédiat de la course, consultation médicale, vérification de l'absence de signes pré-rupturaux à l'échographie, attente de 6 semaines après la fin de l'antibiotique avant tout exercice excentrique. L'ostéopathie travaille en douceur sur le bassin et le diaphragme pendant cette période.
Et pour les tendinites des ischios ou des adducteurs ?
Le protocole excentrique et l'approche ostéopathique sont transposables aux deux autres tendinites les plus fréquentes chez le sportif amateur. Voici comment les distinguer et les prendre en charge.
| Tendinite | Localisation douleur | Position aggravante | Sport typique | Prise en charge |
|---|---|---|---|---|
| Achille midportion | 2-6 cm au-dessus du talon | Matin, démarrage course | Course de fond, trail | Stanish + ostéo cheville/bassin |
| Achille insertion | Pile sur le calcanéum | Montée, talon dur | Sprint, foot, basket | Excentrique en pente + talonnette |
| Ischios proximale | Sous la fesse, ischion | Assis prolongé, sprint | Course de fond, sprint | Excentrique Nordic + ostéo bassin |
| Adducteurs | À l'aine, symphyse | Changement de direction | Foot, hockey, hand | Renforcement Copenhagen + ostéo bassin |
La tendinopathie proximale des ischio-jambiers se reconnaît à une douleur profonde sous la fesse, en position assise prolongée et au démarrage d'un sprint. Elle est très fréquente chez les coureurs et les cadres qui passent beaucoup de temps en voiture. L'exercice de référence est l'excentrique Nordic, qui sollicite la chaîne postérieure tout en allongement.
La tendinite des adducteurs se localise à l'aine, sur la symphyse pubienne. Quand elle s'associe à une faiblesse de la paroi abdominale ou à une instabilité du bassin, on parle de pubalgie. C'est une pathologie pluridisciplinaire qui demande un travail combiné kiné (renforcement Copenhagen, gainage) et ostéo (mobilité du bassin, des lombaires et du diaphragme).
📅 Prendre rendez-vous : Cabinet de Mia Stiel, 57 rue de la Part-Dieu, 69003 Lyon, à 5 min de la gare Part-Dieu, à 10 min du Parc de la Tête d'Or. Réserver sur Doctolib — séance ostéo 45 min, 70 € — drainage lymphatique disponible en complément si œdème post-traumatique.
Infiltration, PRP, ondes de choc : qu'est-ce qui marche vraiment ?
C'est la question qui revient à chaque consultation pour tendinite chronique. Voici ce que disent les études les plus récentes.
Infiltration de corticoïdes. À éviter en intra-tendineux. Une revue Cochrane (2015) et plusieurs sociétés savantes confirment un soulagement court terme de 4 à 8 semaines, mais aucune amélioration à long terme par rapport au repos seul, et un risque significatif de rupture à partir de 3 injections cumulées. L'unique indication validée reste la bursite rétro-calcanéenne associée, sous contrôle échographique.
PRP (plasma riche en plaquettes). Indication intéressante pour les tendinopathies chroniques résistantes à 6 mois de traitement bien mené. Une méta-analyse de 2024 sur l'épicondylite confirme un effet supérieur au placebo à 6 mois ; les données sur le tendon d'Achille sont plus partagées mais encourageantes en deuxième intention.
Ondes de choc extracorporelles. Bonne option pour les tendinopathies d'insertion qui résistent au traitement de première ligne. 3 à 5 séances espacées d'une semaine, parfois douloureuses sur le moment, avec des résultats objectivables à l'échographie dans 60 à 70 % des cas selon les études.
Chirurgie. Réservée aux échecs après 6 mois de traitement conservateur bien conduit ou aux ruptures. Très rare en première intention.
Quand consulter et qui consulter en premier ?
La règle simple que je donne à mes patients : si la douleur dure moins de 2 semaines et ne dépasse pas 3 sur 10, vous pouvez commencer par l'auto-prise en charge (repos relatif, glace, étirements doux, chaussures correctes). Au-delà, le bon réflexe est de croiser deux avis : ostéopathe pour le bilan postural et le terrain, kinésithérapeute pour la rééducation et le protocole excentrique. Le médecin du sport intervient si la douleur résiste à 6 semaines de prise en charge bien menée, ou s'il faut une échographie de contrôle.
Voici les signes qui changent la donne et qui imposent un avis médical rapide :
- Claquement brutal pendant l'effort suivi d'une impossibilité de monter sur la pointe → suspicion de rupture, urgences.
- Gonflement chaud, rouge, avec fièvre → suspicion d'infection ou de tendinite septique, urgences.
- Prise récente de fluoroquinolones avec gêne au tendon → arrêt de l'effort, consultation rapide.
- Douleur intense au repos qui dure plus de 48 h → bilan médical avant tout protocole.

Pour mieux comprendre comment l'ostéopathie s'intègre dans une prise en charge globale du sportif, vous pouvez aussi consulter la page service ostéopathe sport à Lyon. Et si la douleur a des répercussions sur votre dos ou votre nuque (compensations classiques après plusieurs semaines de boiterie), notre guide sciatique et ostéopathie couvre la chaîne lombo-sacrée. Pour la récupération après séance ou en cas d'œdème post-effort persistant, le drainage lymphatique manuel est un complément efficace, expliqué en détail dans le guide drainage lymphatique.
L'avis de Mia Stiel
Je vois en cabinet trois tendinites par semaine en moyenne, surtout au printemps quand les coureurs préparent Run In Lyon ou les premières courses du Trail du Beaujolais. Ce qui revient à chaque fois, c'est la même histoire : un changement récent (volume, chaussures, terrain), une cheville opposée qui boite encore d'une vieille entorse, et un mollet hypertonique parce que le patient passe huit heures par jour assis.
La théorie académique présente la tendinite comme une pathologie locale du tendon. La pratique terrain m'apprend autre chose : le tendon est presque toujours le maillon qui lâche en bout de chaîne. Si on traite uniquement le tendon avec des exercices excentriques sans corriger ce qui se passe au-dessus, la tendinite revient au prochain pic de charge. À l'inverse, si on travaille le terrain (cheville, bassin, fascias, posture, hydratation, sommeil) sans protocole excentrique, le tendon ne se renforce pas et la guérison stagne.
C'est pour ça que je travaille systématiquement en binôme avec un kiné. Mon rôle, c'est de libérer le terrain et d'orienter le patient sur les bons exercices ; celui du kiné, c'est de structurer le protocole de renforcement progressif sur 8 à 12 semaines. Cette double approche permet, dans la grande majorité des cas, d'éviter l'infiltration, le PRP et la chirurgie.
Questions fréquentes
Peut-on continuer à marcher avec une tendinite d'Achille ?
Oui, la marche est même recommandée. Elle entretient la vascularisation du tendon et limite la perte de souplesse du mollet. La règle est la même que pour la course : la douleur ne doit pas dépasser 3 sur 10 et ne pas s'aggraver dans les 24 heures. Évitez seulement les longues marches en montée et les terrains très souples (sable, herbe haute) les deux premières semaines.
La cryothérapie est-elle utile sur le tendon d'Achille ?
Oui en phase aiguë et après les séances de renforcement. Le glaçage local pendant 10 à 15 minutes, deux à trois fois par jour, réduit la douleur et facilite la récupération. Une astuce simple : rouler une bouteille d'eau glacée sous la voûte plantaire pendant 5 minutes après chaque séance, cela détend toute la chaîne postérieure du pied au mollet.
Combien de temps avant de reprendre la course à pied ?
Comptez en général 3 à 6 semaines pour une tendinite récente, après disparition complète de la douleur matinale. La reprise se fait en alternance marche-course, sur terrain plat, et le critère de reprise principale est de pouvoir monter 25 fois sur la pointe du pied douloureux sans douleur. Augmentation maximum de 10 % du kilométrage par semaine ensuite.
Les semelles orthopédiques sont-elles vraiment efficaces ?
Oui dans les cas où l'analyse podologique met en évidence un trouble statique (pied creux, pied plat, asymétrie). La semelle agit alors comme un correctif de la chaîne ascendante. Sans trouble statique objectivable, la semelle n'apporte rien et peut même créer un déséquilibre. Un avis podologue spécialisé sport est utile en cas de récidive ou de bilatéralité.
Le drop des chaussures de course a-t-il un impact ?
Oui, surtout en cas de changement brutal. Passer de chaussures à drop 10-12 mm à des chaussures minimalistes drop 4 mm en quelques semaines est une cause classique de tendinopathie. La transition doit se faire sur 3 à 6 mois en augmentant progressivement le volume sur les nouvelles chaussures. Si vous êtes sujet à la tendinite, restez sur un drop intermédiaire (6-8 mm) avec un bon amorti.
Tendinite et alimentation : que faut-il changer ?
L'hydratation est le facteur le plus important. Buvez 1,5 à 2 litres d'eau par jour, plus pendant les jours d'entraînement. Réduisez les sucres rapides, l'alcool et les protéines animales en excès qui acidifient le terrain. Augmentez les apports en collagène (bouillon d'os, gélatine), en magnésium (oléagineux, légumes verts) et en vitamine C (kiwi, agrumes, poivron) qui favorise la synthèse du collagène tendineux.
Combien coûte une consultation d'ostéopathie pour une tendinite ?
Au cabinet de Lyon 3, la consultation d'ostéopathie dure 45 minutes et coûte 70 €. La séance est remboursée en partie par la plupart des mutuelles (entre 30 et 60 € par an selon votre contrat). Aucune avance de frais sur Doctolib, et vous repartez avec un compte-rendu d'examen et un plan d'exercices personnalisé à transmettre à votre kiné si besoin.
L'ostéopathie est-elle utile en prévention d'une tendinite ?
Oui surtout chez les sportifs qui ont déjà eu un épisode ou qui augmentent leur volume d'entraînement (préparation marathon, trail, triathlon). Une séance de bilan postural en début de saison permet de repérer les restrictions de mobilité et les déséquilibres avant qu'ils ne créent une surcharge tendineuse. Une à deux séances par an suffisent pour la plupart des sportifs amateurs.
Conclusion
La tendinite du tendon d'Achille n'est ni une fatalité ni un piège. Elle se soigne dans 80 à 90 % des cas avec un protocole simple : réduire la charge, renforcer progressivement par exercices excentriques, et libérer le terrain par l'ostéopathie. Les pièges à éviter sont peu nombreux mais coûteux : l'infiltration de corticoïdes intra-tendineuse, certains antibiotiques de la famille des fluoroquinolones, et la précipitation à la reprise. Les mêmes principes s'appliquent aux tendinites des ischio-jambiers et des adducteurs, avec une approche pluridisciplinaire ostéo-kiné.
Si vous êtes à Lyon 3 ou aux alentours et que cette douleur revient à chaque pic d'entraînement, prenez rendez-vous sur Doctolib. Cabinet 57 rue de la Part-Dieu, à 5 minutes de la gare et 10 minutes du Parc de la Tête d'Or, ouvert du lundi au samedi, 70 € la consultation.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Si vos symptômes persistent ou s'aggravent, consultez votre médecin traitant.
Sources principales : études et recommandations relayées par le British Journal of Sports Medicine, Kinésithérapie la Revue (2024), revue Cochrane sur les infiltrations (2015), APMnews sur les fluoroquinolones (2023), La Clinique du Coureur, IRBMS, recommandations HAS sur les tendinopathies du sportif.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une tendinite du tendon d'Achille ?
Pour une tendinite récente, comptez 3 à 6 semaines de récupération avec repos relatif et exercices excentriques bien menés. Pour une tendinopathie chronique installée depuis plus de trois mois, la cicatrisation tendineuse demande 3 à 6 mois en moyenne, parfois jusqu'à 12 mois selon les études en kinésithérapie. Plus la prise en charge démarre tôt, plus la récupération est rapide. Si la douleur persiste au-delà de six semaines sous traitement conservateur, un avis médical du sport s'impose.
Peut-on courir avec une tendinite d'Achille ?
Oui, à condition que la douleur ne dépasse pas 3 sur 10 pendant la course et qu'elle ne s'aggrave pas dans les 24 heures suivant la séance. La course doit être réduite en volume (50 % du kilométrage habituel) et adaptée au terrain plat. Si la douleur monte à 4 ou plus, ou si vous boitez au démarrage du lendemain, arrêtez la course pendant deux semaines et privilégiez le vélo ou la natation.
Combien de séances d'ostéopathie faut-il pour une tendinite ?
Pour une tendinite récente du tendon d'Achille, des ischios ou des adducteurs, 2 à 4 séances espacées de deux à trois semaines suffisent souvent à libérer les dysfonctions associées (bassin, cheville, hanche) et à relancer la cicatrisation. Sur une tendinopathie chronique, l'ostéopathie s'inscrit dans un suivi pluridisciplinaire de 3 à 6 mois avec votre kiné. Si la douleur ne diminue pas après trois séances, un bilan médical complémentaire est nécessaire.
L'infiltration de corticoïdes est-elle dangereuse pour le tendon ?
Sur un tendon, oui, les sociétés savantes recommandent de proscrire l'infiltration de corticoïdes en intra-tendineux. Les études montrent un soulagement court terme de 4 à 8 semaines, mais un risque significatif de rupture, surtout en cas de répétition au-delà de trois injections. L'infiltration peut être utile dans une bursite associée, sous contrôle échographique uniquement. Le PRP (plasma riche en plaquettes) est aujourd'hui préféré pour les formes chroniques résistantes.
Quels antibiotiques peuvent provoquer une tendinite d'Achille ?
Les fluoroquinolones (ciprofloxacine, lévofloxacine, ofloxacine, moxifloxacine, norfloxacine) multiplient par 3 le risque de tendinite et par 7 le risque de rupture du tendon d'Achille, surtout après 60 ans. Le délai d'apparition est en moyenne de dix jours après la première prise. L'association avec un corticoïde oral aggrave le risque. Si vous prenez un antibiotique de cette classe et ressentez une gêne au tendon, arrêtez l'effort sportif et appelez votre médecin.
Tendinite des ischios ou pubalgie : comment savoir ?
La tendinopathie proximale des ischio-jambiers se reconnaît à une douleur profonde sous la fesse, au niveau de la tubérosité ischiatique, aggravée en position assise prolongée et au démarrage du sprint. La pubalgie se situe à l'aine, à la symphyse pubienne, et concerne le plus souvent les adducteurs ou la paroi abdominale. Une échographie ou une IRM précise le diagnostic. L'ostéopathie travaille le bassin et les chaînes musculaires dans les deux cas, en complément du kiné.
Les talonnettes en silicone soulagent-elles vraiment ?
Oui à court terme pour une tendinite d'insertion ou une maladie de Haglund. La talonnette de 6 à 12 millimètres réduit la tension sur le tendon en relevant le talon, ce qui diminue la douleur au démarrage. Elle est un soulagement, pas un traitement de fond. Elle se porte des deux côtés pour éviter d'asymétriser le bassin et se retire progressivement après quatre à six semaines, en parallèle du protocole de renforcement excentrique.
Quand consulter en urgence pour une douleur au tendon d'Achille ?
Quatre signes doivent vous orienter rapidement vers un médecin ou les urgences : un claquement brutal pendant l'effort suivi d'une impossibilité de monter sur la pointe du pied (suspicion de rupture), un gonflement chaud et rouge associé à de la fièvre (suspicion d'infection), une prise récente d'antibiotiques de la famille des fluoroquinolones avec gêne au tendon, ou une douleur intense au repos qui dure plus de 48 heures. Dans tous les autres cas, un avis ostéo ou kiné en première intention reste pertinent.
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